Haute Route #Stage6 – At the top !

Le rhume entêtant des 3 derniers jours semble être sur le départ. A cela, vous rajoutez le fait que ma mère, mon frère, ma belle-soeur et mon neveu seront dans les lacets du col de Vars ce matin, pour m’encourager…vous avez le cocktail parfait pour débuter une belle journée !!

Je décide de zapper le petit déjeuner dans la salle de Risoul située à 800m du logement en préférant avaler des petites craquottes chocolat et du yaourt, au chaud dans mon petit appartement de montagne 🙂

6h40 : Je dépose mon sac de voyage à la réception du bâtiment situé à 100m du notre.

6h50 : J’enfile cuissard, maillot, casque…pour l’avant dernière fois. En effet, il s’agit déjà de la 6ème étape, du dernier gros morceau si l’on en croit le road book (demain étant une longue étape mais à profil descendant – malgré les 2000 m D+ !!)

7h15 : Petit café sur la ligne de départ, bien couvert dans la perspective des 14 kms de descente neutralisées (et heureusement, car nous avons eu froid avec, en prime, une douche improvisée offerte par l’arrosage automatique agricole de bord de route) !!!

Risoul – Auron (31/08/2018)

La sixième étape présente une belle entrée en matière avec le col de Vars puis suivra le gros morceau avec les 28 kms du col de la bonette. Une fois au sommet, il restera une longue descente non chronométrée avant de s’attaquer à la montée sur Auron.

Le col de Vars.

A la sortie de Guillestre, les choses sérieuses commencent rapidement avec les premières pentes de Vars. Je tente de suivre le groupe de tête le plus longtemps possible mais compte tenu de la vitesse de ce groupe et du programme annoncé, je décide assez tôt de monter à un rythme plus convenable.
Je parviens à trouver un groupe de bon niveau qui me permettra de rallier le sommet sans laisser trop de plume dans le combat.

Après une dizaine de kilomètres, j’ai la surprise de voir ma famille nous doubler en voiture ! Le pied.
Comme une impression de retrouver un coup de pédale souple.
Ainsi, tantôt ils s’arrêteront sur le bord de la route, tantôt ils nous dépasseront, toujours en trouvant les mots justes pour me permettre d’ajuster mon effort.

Je ferai ce jour là une de mes meilleures étapes et la présence de ma famille sur le bord de la route n’y est pas étranger…

A 2 kms du sommet, 2 ambulances nous doublent, gyrophares et sirènes hurlantes.
Nous craignons et pensons tout de suite à la chute d’un coureur dans la descente à venir.
Ce sera le cas quelques minutes plus tard à la sortie d’un virage en épingle.
Il s’agit de moment difficile à appréhender sur le vélo car nous sommes à la fois inquiet pour le coureur au sol et également refroidis par le fait que ces incidents de course nous rappellent combien nous sommes fragiles hissés sur nos pneus de 25 mm de section…

Le col de Vars, long de 19 km (6%) aura nécessité un peu plus d’1h d’effort (moyenne 17 km/h).

La partie chronométrée s’étalant de guillestre au sommet de la Bonette, tous les coureurs sont conscients de l’importance de trouver un groupe de niveau pour la partie de vallée au bas de la descente, avant le début du prochain col.

Le col de la bonnette.

Sans doute le col qui m’a causé le plus d’inquiétude dans le cadre de la préparation.

La vallée, 16 kms à -3%, est avalée à plus de 46 km/h de moyenne avec un groupe homogène ou les relais sont pris à tour de rôle. Cela permet de parvenir au pied de la Bonette, après 56 km et 2h10 de course, dans un état de fraicheur plutôt correct.

Reste le plus dur à venir. 23 km à 7% – de 1200 m à 2715 m.

Je suis conscient, sur le bas, que l’effort va durer un bon moment (1h35 en réalité) et va demander des ressources.

Cette ascension est splendide. Longue, usante, sans répit mais sauvage et épique.

Au beau milieu du parc du Mercantour, vous êtes en osmose avec la nature.
Peu de voiture, peu de moto. La route, les lacets et vous avec votre vélo.

Le ravitaillement présent à quelques kilomètres du sommet n’aura pas de succès avec les coureurs de tête, chacun préférant le ravito au pied de la dernière ascension.

Sur les derniers centaines de mètres, les sensations sont encore bonnes, la pente se radoucit.
Je repasse le gros plateau et décide d’emmener plus de braquet pour tenter de réaliser un bon temps.

 

Au sommet, les 10°, accompagnés de bourrasques de vent, rendent l’atmosphère un peu fraiche.
Nous décidons par conséquent de ne pas stationner trop longtemps à cette altitude et nous engageons la descente !

Nous traversons le camp des fourches, casernement de montagne situé à 2 291 m d’altitude, composé de 26 bâtiments.
Ce camp a été construit entre 1896 et 1910 puis amélioré jusqu’à la seconde guerre mondiale.
Ces chalets servaient de logement et accueillaient des chasseurs alpins.
Aujourd’hui, tout est dans un état d’abandon apparent. Les chalets sont tous en ruine et ouverts à tous vents.

Cette descente, bien que peu agréable sur le début à cause de températures fraiches, est vraiment sympa sur sa seconde partie. 30 mn de bonheur.

Arrivée à Saint Etienne de Tinée, avant la ligne de chronométrage, le ravitaillement permet de reprendre des forces et de souffler avant la dernière du jour, 5 kms à 8%.

La montée sur Auron.

Je retrouve entre autre Patrick au cours de ce ravito.
Nous décidons de faire la montée ensemble.

Dès les premiers tours de roue, certains concurrents nous dépassent à allure folle. Je me demande vraiment comment font ces gars là pour dégager autant de puissance en cette fin d’étape !

Je ne m’affole pas et continue à mon rythme.
Patrick prend 1m, puis 2 puis 3. Je le laisse filer et reste concentrer sur ma cadence de pédalage et mon cardio.
Je ne suis pas à la dérive et arrive à gérer correctement.

Sur la seconde partie, je reviens sur Patrick qui m’avoue avoir du mal à finir et m’encourage à aller chercher les gars devant nous. Voyant que j’étais presque au seuil et sachant que je ne voulais pas le lâcher, je lui répond que nous allons finir ensemble.

J’essaye alors de conserver une allure qui nous permette à la fois de maintenir un bon rythme tout en prenant garde de ne pas présumer de nos forces.

En apercevant la ligne d’arrivée, j’ai quelques larmes qui me viennent aux yeux.
Il est vrai que nous arrivons demain mais depuis plusieurs mois, j’étais convaincu qu’au soir de la 6ème étape, et sauf accident, l’affaire serait pliée.

Alors, en passant la ligne avec Patrick, c’est comme un achèvement, un rêve qui commence à prendre forme.

 

Arrivée

Nous franchissons la ligne en duo avec Patrick, ravi de notre journée.
Nous sommes conscients d’avoir réalisé une belle étape qui nous vaudra un petit rapproché au général.

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La haute route est fréquentée par des coureurs de tout niveau, enfin avec un bon bagage de kilomètres au risque de souffrir et de ne pas être capable d’aller au bout.
Mais pour autant, il faut être conscient que, sur cette édition 2018, le premier aura passé environ 20h sur le vélo au cours des 7 étapes quand le dernier en aura passé près de 40h.
A titre d’exemple, cette après midi passée à Auron, nous aura permis de manger au restaurant, de se doucher, de se faire masser, de profiter d’une terrasse de café pour boire chocolat chaud et diabolo tout en se remémorant l’étape du jour, et en regagnant notre appartement pour un petit repos, certains étaient encore sur la route.

Ce que j’appelle la double peine. Certains coureurs passent à la fois plus de temps sur leur vélo que d’autres mais aussi et surtout, disposent de moins de temps en récupération. Et cela tous les jours pendant 7 jours.

Je suis tellement respectueux et admiratif de ces gens là.

 

hauteroute-stage6-Overall-Solo-Scratch

Au soir de cette 6ème étape, je suis classé 71éme au scratch et 24ème dans ma catégorie.
Ma 69ème place du jour me vaut une remontée de 4 places au général. Les jambes ont répondu présentes et il semble que je termine cette haute route presque mieux que ce que je l’ai commencé.
Tout le travail effectué au cours des mois précédents porte ses fruits.

C’est ce que je voulais. Un rève se réalise.

 

A 18h30, c’est briefing et après la prizegiving, il y a “The Video of the Day” !!!!

Attention, soyez attentif !! Le gars en noir qui apparait en tête de groupe à la 27ème seconde….c’est moi :):) (pas le barbu juste en dessous…

Les stats STRAVA —

Le tracé RELIVE —

Relive ‘Haute Route #Stage 6’

Soirée

Une pizza au feu de bois est venue rythmée la dernière soirée entre coureur du côté d’Auron.
Un bon moment de partage où nous avons encore discuté des moments de la journée.
Demain sera la dernière. Celle au cours de laquelle les accidents interviennent nous ont-ils dit lors du briefing…par précipitation, par excitation…

Cela s’avérera tellement vrai !

Il est 22h sur Auron et après quelques coups de fil, il est temps d’éteindre les lumières et de se reposer.
Demain, il faut se lever à 5h. Après ce sera différent.
La vraie vie reprendra son cours.

Nico.

CréditsPhoto – Photorunning.fr / NicolasPascal

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