Haute Route #Stage 4 – Fabulous !

Je me réveille ce matin, vers 5h30, avec le nez encombré et une drôle de sensation qui me fait dire que la nuit n’a pas effacé le petit état de rhume naissant de la veille…
Pas de panique. Une fois sur le vélo, les choses seront sans doute différentes 🙂

Le petit déjeuner est servi dans la salle de restaurant de la résidence, au rez de chaussée.
J’y retrouve mes compères et nous nous privons pas à nouveau de profiter d’un buffet copieux.

6h30 : Je dépose mon sac de voyage à la réception afin qu’il puisse être transféré à l’hôtel des 2 Alpes en cours de journée.

6h45 : Départ pour la ligne de départ, située à 500m de notre logement afin de remettre le sac à dos au camion chargé de nous le convoyer jusqu’à la ligne d’arrivée.

 

Les 2 Alpes – Saint Véran (29/08/2018)

La quatrième étape. Le soleil brille toujours autant en ce début de journée. Le fond de l’air est frais, bien que nous ressentons un petit réchauffement au fur et à mesure que nous descendons en direction du sud.
Nous débuterons ce matin par la descente des 2 Alpes en convoi sécurisé, non chronométré.

A 7h00, le départ est donné. Nous nous élançons, manchettes, gilets sur le dos et éclairage arrière activé, sécurité imposée notamment par la traversée de nombreux tunnels au cours des premiers kilomètres.

Le col du Lautaret.

La consigne est identique à la veille : ne pas tout donner dans la première ascension car l’étape sera longue et il n’est pas question de subir dans l’Izoard la même déconvenue que celle intervenue dans la Madeleine au cours de la 2ème étape !
Pour autant, le col du Lautaret est “roulant”. En effet, il est annoncé sur 24,6 km avec une pente moyenne de 4,1% (dénivelé total : 1 015 D+).
A cela, il convient d’ajouter le vent aujourd’hui. Il soufflera jusqu’au pied de l’Izoard de face, suffisamment pour gêner un homme seul.

Objectif : réussir à trouver un groupe de niveau qui permette de monter et descendre le Lautaret sans y laisser trop de plumes…

Et c’est ainsi qu’après un effort court mais violent au pied du col, je parviens à intégrer un groupe d’une vingtaine de gars avec lesquels l’entente est bonne et l’allure parfaite.
Nous nous suivrons ainsi jusqu’à Briançon.
La difficulté du col du Lautaret se résumera au vent. La pente n’est effectivement pas sévère mais la longueur et le vent rendent cette ascension piégeuse. Une fois parvenu au sommet, après avoir traversé à nouveau des paysages superbes, je suis satisfait de ma position et de mes sensations jusqu’alors.

Je me redresse sur le vélo, referme le gilet sans manche que j’avais précédemment ouvert afin de ventiler, et nous entamons aussitôt la descente du col, rapide, sur des routes larges ou je pédale afin d’éliminer au maximum les toxines accumulées au cours de la montée (9 kms à -5%).
La seconde partie de la descente, moins pentue (15 kms à -1,5%), nécessite de tourner les manivelles constamment, le groupe s’entend bien et nous roulons entre 45 et 50 km/h sur des portions de bitume en parfait état, une vraie partie de plaisir !!
A l’approche de Briançon, nous passons la ligne de fin de chronométrage ; nous comprendrons rapidement pourquoi. La traversée de la ville s’avère délicate et périlleuse en raison de nombreux travaux.

Ce n’est qu’au pied de l’Izoard que nous reprenons le chronométrage pour l’ascension.

Le col de l’Izoard.

J’avais parcouru des yeux le road book la veille au soir et j’avais bien noté que l’ascension de ce col mythique, par ce versant, se déroulait en 3 parties.
Les 4 premiers kilomètres à 6% de moyenne vous mettent en appétit. Le kilomètre et demi de plat qui suit vous permet de vous reprendre avant le plat de résistance, les 13 kms à 6,5 % (dont les 9 derniers à 7,5%).
Le menu était alléchant.
Et comme ma maman m’a toujours conseillé de ne pas manger trop vite, je décide d’appliquer la même consigne en ce début de grimpette.

Une magnifique ascension, des routes parfaites, une météo au top…Je prend donc le temps de figer l’instant au travers de photos, tout en continuant à pédaler, histoire de ne pas perdre le rythme 🙂

La dernière partie est effectivement pentue. Relativement régulière, en lacets, elle permet de visualiser les concurrents devant et derrière ! Nous passons devant le refuge Napoléon et je parviens au sommet quelques instants après mon lièvre, Patrick 🙂

 


Nous prenons un moment pour profiter de l’instant, du paysage et du ravito !!
Il reste alors une descente rapide et technique jusqu’à Arvieux, lieu de reprise du chronométrage.
Nous nous couvrons avant de reprendre la route.


Le passage par la Case déserte est toujours un moment émouvant.

A Arvieux, comme prévu, nous décidons de partir à plusieurs à l’assaut de la vallée dans un premier temps, puis de la montée de St Véran.

La portion de vallée est avalée à haute vitesse, à l’aide de grands gaillards nordiques bien calés sur leur vélo 🙂 Saint Véran commence à être annoncé sur les panneaux de signalisation, nous n’allons pas tardé à tutoyer cette dernière ascension !

La montée de St Véran.

Les premières pentes sont là !
Je retrouve un des 2 danois avec qui j’avais partagé le chalet à Megève dont le prénom est identique à l’élément bas de cuisine acheté chez IKEA la semaine auparavant et un brésilien dénommé Fernando, Ronaldo ou Bebeto, quelque chose comme ça, je ne m’en souviens plus très bien…
Nous attaquons la montée à 3.
Je ne parviens cependant pas à les accrocher à ce moment là.

Peu importe, je m’accroche et j’espère que les choses s’arrangeront rapidement…
Mes 2 compères me prennent quelques mètres mais je limite la casse et comme j’avais osé l’espérer, je finis par revenir sur eux.
Assez naturellement, je passe devant et je mène le train de notre petit groupe.
Cela me va bien. Je roule à mon rythme. Jusqu’à 1,5 km du sommet, où, jetant un oeil par dessus mon épaule, je m’aperçois que le danois décroche légèrement.

Je m’écarte de la route, reviens à sa hauteur et lui dit de s’accrocher car je compte bien que nous finissions cette étape tous les 3 !
Je profite de ce moment pour glisser à l’oreille de mes 2 camarades que le dernier kilomètre a été annoncé à 12%…Gloups…
Nous roulons cote à cote sur ces centaines de mètres qui paraissent interminables jusqu’à apercevoir la ligne d’arrivée…Ouf !

A peine franchie, nous sommes tombés dans les bras les uns des autres, nous remerciant chaleureusement pour le “travail” réalisé.
Un vrai moment de camaraderie, de partage comme je l’avais imaginé !!!!

 

Arrivée

Nous voilà donc fatigué mais heureux, dans les rues de la commune la plus haute d’Europe, Saint Véran, 2042 m.
Tous les coureurs paraissent exténués par cette dernière ascension.

Haute-route-Stage4-Overall-Solo-Scratch

Au soir de cette 4ème étape, je suis classé 75éme au scratch et 24ème dans ma catégorie.
Ma 79ème place du jour me vaut de perdre 3 places au général. Les jambes ont répondu mais ce ne sont pas les seules. Les autres participants sont en forme !
Il faudra “se battre” pour conserver ce top70 au soir de la 7ème étape, c’est une évidence.
Il y a du niveau sur cette course.

Transfert Saint Véran – Risoul.

Une fois la ligne d’arrivée franchie, nous redescendrons alors jusqu’au village en contrebas pour profiter d’un bon plat de lasagne et d’un massage encore une fois bien mérité.

Nous avons ensuite réenfourché notre monture pour descendre 6 kilomètres plus bas afin de charger les vélos dans un camion et de monter dans un bus pour se rendre à Risoul, à 1h de route.

Plusieurs bus attendent les coureurs, arrivés les uns après les autres. Dès qu’un bus est complet, il part aussitôt pour Risoul.


Au cours du transfert, les coureurs évoquent tantôt l’étape du jour, tantôt l’étape du lendemain tandis que d’autres préfèrent fermer les yeux et profiter de ce moment pour se reposer.


Arrivé à Guillestre, nous empruntons alors le tracé du CLM du lendemain qui mène à la station de Risoul, l’occasion de jeter un oeil au programme qui nous attend !!

A 18h30, c’est briefing et après la prizegiving, il y a “The Video of the Day” !!!! :

Les stats STRAVA —

Le tracé RELIVE —

Relive ‘Haute Route #Stage 4’


Risoul, surnommée aussi rapidement et vulgairement par mes compagnons de route ‘Station de Merde’ de la semaine.
Ou encore Station fantôme !
Certes, nous sommes en fin de saison estivale. Certes, nous sommes en montagne à 1800m.
Mais nous avons séjourné dans 6 stations alpines au cours de ce séjour et force est de constater que Risoul tire la palme de la pire station…
Très peu de commerces ouverts, 2-3 restaurants ne proposant qu’un service, des logements au standing inférieur à ceux de la semaine…bref, ce ne sera pas le lieu de mes prochaines vacances.

Pour autant, nous sommes parvenus à diner à l’Auberge, petit restaurant caché derrière une petite contre allée dans le centre du village. Sa propriétaire, à l’humour caustique, nous a régalé au cours des 2 soirs, avec gratins de gnocchis et autres cuisses de canard.
Je me souviendrais longtemps de sa réaction quand, après nous avoir refusé la table lors du second soir parce qu’il n’y avait plus de table disponible, elle nous a vu rentrer avec 2 amis hollandais à qui nous avions demandé l’hospitalité gastronomique :):):)

20h30 – Nous rentrons à notre résidence. Demain, c’est contre la montre, donc demain c’est aussi récupération !
Une chose me contrarie. Je me sens fiévreux et encombré au niveau des sinus…Depuis le matin même, je sens bien que je ne suis pas à 100%. Autant sur le vélo, je n’ai pas ressenti de gène particulière, autant en cette fin de soirée, ce n’est pas la “patate”…
Une bonne nuit de repos, demain sera un autre jour.
Lever prévu à 7h, petit déjeuner à 8h pour départ pour Guillestre, départ du CLM à 9h20.
Mais ça, ce sera pour jeudi.

Après quelques coups de fil passés à la famille, je prends la direction de la couette.

Nico.

CréditsPhoto – Photorunning.fr / NicolasPascal

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